Voila un sujet divise ! Alors qu’au Prey Model on conseille de donner plus de viande rouge que de viande blanche car ces dernières correspondraient à ce que le chien trouverait dans la nature, au BARF, on conseille de ne pas en donner plus de deux à trois fois par semaine car elle produirait trop de déchets et ferait trop travailler les reins. De quoi se perdre dans des considérations souvent peu étayées scientifiquement. Concernant les abats, c’est selon leur rôle dans l’organisme qu’ils sont classés.

Alors, viande blanche, viande rouge, les deux ? Abats filtrants, musculaires… que choisir ?

la viande

Définitions

Commençons déjà par une définition, puisque personne n’est d’accord concernant certaines viandes. L’OMS déclare :

« La viande rouge fait référence à tous les types de viande issus des tissus musculaires de mammifères comme le boeuf, le veau, le porc, l’agneau, le mouton, le cheval et la chèvre ».

Ainsi, par opposition, la volaille est considérée comme viande blanche, même quand elle est… rouge, d’aspect.

Partant de ce constat, sommes-nous plus avancés ? Pas vraiment, puisque l’idée n’est pas de faire un dégradé de couleur dans la gamelle de notre chien.

D’un point de vue nutritionnel, allons y voir de plus près.

Le premier nutriment qui nous vient en tête lorsque l’on parle de viande rouge et viande blanche, c’est sans doute le fer. Comparons les teneurs en fer (source Ciqual) de différentes viandes rouges et blanches (selon la classification de l’OMS !)

  • Bœuf, paleron, cru (rouge) : 2,5mg/100g
  • Poulet, filet, cru (blanche) : 0,33mg/100g
  • Porc, filet maigre, cru (rouge) : 0,93mg/100g
  • Canard, magret, cru (blanche) : 2,2mg/100g

On peut donc voir que le bœuf et le canard, pourtant de « couleurs » différentes, ont un taux de fer similaire, et qu’à l’inverse le poulet et le porc ont des taux bien inférieurs à leurs pairs. Voilà une première piste visant à considérer que la couleur n’est pas un élément fiable pour le choix des viandes à distribuer.

Allergies, intolérances, un motif d’exclusion

La viande rouge, en particulier celle de bœuf est souvent exclue car elle est perçue comme une des viandes les plus allergènes. Une petite définition pour commencer. Une étude nous dit :

« Food intolerance refers to any abnormal physiological response to a food or food additive, believed not to be immunological in nature. Mechanisms include food toxicity, pharmacological reactions, metabolic reactions, dysmotility, dysbiosis, physical effects and non-specific dietary sensitivity

L’intolérance alimentaire fait référence à une réponse physiologique anormale à un aliment ou à un additif, considéré comme non immunitaire. Les mécanismes incluent une toxicité alimentaire, des réactions pharmacologiques, des réactions métaboliques, une dysbiose, des effets physiques et une sensibilité alimentaire non spécifique »

Ci-dessous le diagramme des possibles causes d’intolérances.

L’allergie quant à elle implique une réaction immunitaire à un allergène. Parmi donc les vraies allergies, les plus représentées sont le bœuf, les produits laitiers, le poulet, le blé et l’agneau. Si on peut mettre de côté le blé et les produits laitiers au BARF et encore plus au Prey Model, on y retrouve en revanche le bœuf, le poulet et l’agneau. L’agneau est même conseillé pour les chiens intolérants ou suspectés allergiques (car les diagnostiques d’allergies alimentaires sont relativement peu fiables, et le régime d’éviction/provocation reste le meilleur moyen de détecter une allergie ou une intolérance). Cette peur exacerbée du bœuf n’est donc pas nécessairement justifiée, alors que le poulet est très largement conseillé comme viande « sécuritaire ». Il convient simplement de retenir qu’une introduction progressive des aliments quels qu’ils soient est de rigueur afin de détecter une potentielle réaction.

les abats

On considère au BARF qu’il faut distribuer 10% d’abats : 5% d’abats musculaires et 5% d’abats filtrants. Au Prey Model, on préconise également 10% d’abats, dont 5% de foie et 5% d’un autre abat au choix. Encore une fois, des avis différents, avec des considérations différentes.

La première erreur consiste à classer les abats selon le fait qu’ils soient filtrants ou musculaires, cela pouvant créer de gros écarts nutritionnels selon le choix qui sera fait par le propriétaire. Sont considérés musculaires par les communautés suivant ces principes la langue, le cœur, la panse ou la joue, et son considérés filtrants le foie, les rognons, les intestins, le thymus.

D’un point de vue nutritionnel, cela n’a encore une fois aucun sens. Regardons de plus près les principaux nutriments censés être apportés par les abats en cas de substitution tout en restant dans la même « famille ».

Abats dits « filtrants »

Foie de poulet

  • Cuivre : 0,492mg/100g
  • Vitamine A : 3290µg/100g
  • Sélénium : 54,6µg

Rognon de bœuf

  • Cuivre : 0,426mg/100g
  • Vitamine A : 419µg/100g
  • Sélénium :141µg/100g

(désolée, « étonnamment » pas d’informations nutritionnelles sur le thymus ou les intestins…)

Abats dits « musculaires »

Cœur de dinde 

  • Cuivre : 0,488mg/100g
  • Vitamine A : 80µg/100g
  • Sélénium : 35,4µg/100g

Langue de bœuf 

  • Cuivre : 0,170mg/100g
  • Vitamine A : 0µg/100g
  • Sélénium : 9,4µg/100g

Démonstration par l’exemple

Chien de 30kg, mangeant selon les principes « ratio » 2,5% de son poids soit 750g par jour.

Ses besoins sont en cuivre de 2,5mg par jour, en vitamine A 512µg et sélénium 151µg.

Ce chien doit donc manger 75g d’abats, soit 37,5g d’abats filtrants et 37,5g d’abats musculaires. Si notre chien mange du rognon de bœuf et du cœur de dinde, ces derniers apportent donc par ration :

  • Cuivre : 0,342mg
  • Vitamine A : 187µg
  • Sélénium : 66,15µg

Ces trois nutriments ne sont donc pas couverts par cette combinaison d’abats.

Conclusion

Catégoriser les aliments selon des couleurs ou des fonctions parfois hasardeuses ne peut fonctionner que grâce au hasard et à la chance. Distribuer des aliments avec des écarts nutritionnels aussi importants peut être préjudiciable par excès ou par carence. Si vous ne souhaitez pas vous orienter vers un professionnel pour élaborer une ration pour votre animal, continuez de vous former en nutrition, de comparer les informations et de prendre du recul avec un esprit critique afin de mettre en évidence les incohérences qui pourront nuire à la santé de votre animal.

Références:

Critically appraised topic on adverse food reactions of companion animals (2): common food allergen sources in dogs and cats

Food intolerance in dogs and cats

Bases de données CIQUAL et FCEN

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