Aujourd’hui, allons voir du côté d’un sujet sensible lorsqu’il s’agit de soins au sens large pour nos animaux. Nous n’allons pas parler nutrition même si tout cela peut globalement s’appliquer à des services de spécialisation en nutrition, puisque l’équipe de la cantine est issue du milieu vétérinaire, c’est évidemment un secteur qui nous touche.

Lorsqu’on parle de soins, 90% du temps on entend que c’est trop cher, et que quand même, les vétérinaires n’y vont pas avec le dos de la cuillère. Evidemment, si on s’arrête au chiffre sur la facture, factuellement, c’est cher, car c’est un gros montant, mais on oublie de considérer plusieurs choses derrière cela.

Combien coûtent les soins en humaine ?

Notre perception est biaisée par l’accès aux soins en médecine humaine qui est la plupart du temps transparente pour nous grâce à notre modèle de sécurité sociale. Vous seriez surpris d’apprendre que les coûts réels sont égaux voire supérieurs aux coûts en médecine vétérinaire. On estime par exemple le prix d’une journée d’hospitalisation en cancérologie entre 1600 et 2000€, ou un traitement par radiothérapie entre 3000 et 10 000€ selon les techniques utilisées (en moyenne 4500€ en médecine vétérinaire). Seulement, nous avons l’impression que les soins sont gratuits (alors qu’en réalité ils ne le sont pas), et nous les trouvons alors démesurés lorsqu’il s’agit de les régler de notre poche.

Les frais ne sont pas les mêmes.

Les médicaments pour les humains ont une TVA de 2,1%, et les actes médicaux ne sont pas soumis à TVA. En médecine vétérinaire, la TVA pour les actes et les médicaments est de 20%. Ainsi, 20% de votre facture revient à l’état et non au vétérinaire. Par ailleurs, contrairement par exemple à votre médecin généraliste, votre vétérinaire a au sein de sa structure tout un tas d’équipements couteux (analyseurs, matériel de chirurgie, matériel d’anesthésie et réanimation, radiologie, échographie…) qu’il a rarement payé cash et qui entrent dans les frais de fonctionnement à rembourser chaque mois en plus du loyer de la clinique et des autres charges inhérentes à son bon fonctionnement.

Vivre d’amour et d’eau fraîche

Les compétences, que l’on oublie trop souvent, du vétérinaire et du personnel soignant qui sont également à rémunérer. Vétérinaire, c’est 5 ans d’études hors prépa et hors spécialisation en fin de cursus, sans oublier la responsabilité du métier. Comme les médecins, les vétérinaires ont des vies entre les mains. Comme les médecins, il y en a des bons, des moins bons, des bienveillants, des Dr House, certains avec qui le courant passera et d’autres avec qui les incompatibilités seront notables. C’est comme ça dans chaque profession, du garagiste au maraîcher en passant par le pharmacien et le médecin. Chaque profession souffre des idées reçues, certaines plus que d’autres, encore plus lorsqu’elles touchent à la santé.

Comme nous avons pu également le recevoir dans notre activité en nutrition, certains trouvent honteux de faire payer des services de santé, de bien être, de nutrition ou de médecine, oubliant que les humains derrière ces services ne sont pas rentiers et doivent faire face à des frais, des factures (même des factures vétérinaires très chères !), et ont au minimum un estomac à remplir.

La réglementation non véto-friendly

Et les médicaments ? Oui, il existe pour la plupart (mais pas tous) des médicaments vétérinaires une équivalence en médicaments pour humains, on a pas réinventé la roue.

Mais là encore, ce n’est ni de la faute de votre vétérinaire, ni celle de votre pharmacien. C’est juste… la réglementation (bonne ou mauvaise, libre à chacun de se faire son avis).

Selon ce qu’on appelle le principe de la cascade thérapeutique, votre vétérinaire est obligé de vous prescrire un médicament vétérinaire. Dans le cas où aucun médicament vétérinaire n’est disponible pour l’espèce animale et l’indication thérapeutique déterminée, le vétérinaire peut prescrire un autre médicament vétérinaire hors AMM, et seulement si aucun de ces médicaments vétérinaires n’existe, il peut alors prescrire un médicament humain.

Gardez en tête que si votre vétérinaire accepte de vous arranger financièrement en vous prescrivant un médicament humain, il n’est pas censé le faire et il engage sa responsabilité.

Avoir un chien ou un chat, ça coute cher

Voilà au moins une réalité. C’est comme ça, on était prévenus avant. On savait qu’il faudrait le soigner, le nourrir, lui acheter de quoi participer à son bien être. Pour les plus chanceux d’entre nous, les frais ne commenceront à s’accumuler qu’au moment où l’animal prendra de l’âge (sauf accident, mais bon, ça aussi on sait que potentiellement ça pourra arriver), et là encore, rien de neuf sous le soleil, on sait qu’un être vivant ça vieillit, et que plus ça vieillit, plus c’est potentiellement malade et donc plus ça coûte cher, on pouvait l’anticipiter. Pour les moins chanceux (donc je fais partie, c’est pour cela que je me permets cette prise de position), l’animal est malade dès le début. La encore, même si il y a eu un bug sur la chronologie des évènements, quand on prend un être vivant à ses côtés, on sait que rien n’est infaillible et que ce sont des choses (pourries) qui peuvent (hélas) arriver.

Il ne s’agit pas de nier les difficultés et aléas de la vie auxquels chacun d’entre nous sommes susceptibles de faire face un jour, mais de comprendre que les torts sont toujours partagés et que ce n’est pas parce que le vétérinaire est trop cher et qu’il n’aime pas les animaux que vous ne soignerez pas votre chien.

La vie est dure, injuste et mal foutue, on le sait, il faut faire avec.

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